Nos 1001 métiers chez Agamy – épisode 11 – Loïc Chèze, vigneron et Président

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Ce mois-ci, partons à la rencontre de Loïc Chèze, jeune vigneron du Forez !

Une cave coopérative, c’est une entreprise très particulière : elle n’appartient pas à son chef d’entreprise, mais à ses vignerons coopérateurs. Ces derniers ont donc un rôle crucial dans l’organisation et la prise de décisions. Loïc Chèze est l’un de nos vignerons du Forez qui siège également au Conseil d’Administration. Président de la section Trelins (l’une des 4 caves qui composent Agamy), il partage son temps entre ses vignes, la cave, et sa famille pour transmettre sa passion du vin. Découvrons son histoire et celle de plusieurs générations de Chèze.


Loïc, comment es-tu arrivé dans le monde du vin ?
« Dans ma famille, nous sommes vignerons depuis plusieurs générations, alors j’ai toujours grandi près des vignes. Mais mon histoire est fortement liée à celle de mon grand-père, fervent défenseur des Côtes du Forez !
Mon grand-père a commencé son activité en vendant son vin en tonneau, aux cafés du coin. Puis avec la crise industrielle, le bassin ouvrier a peu à peu disparu de la région du Forez. Les ventes de vins diminuaient, les surfaces de vigne aussi… Il a alors souhaité développer la vente en bouteille de vins de qualité. Mais pour cela, il fallait des outils performants. La solution : se mettre à plusieurs.
En quelques mois, travaillant d’arrache-pied, il réunissait 300 vignerons du Forez dans la même situation et en 1959, la cave coopérative des Vignerons Foréziens voyait le jour.
Ça a été un sacré challenge ! Mais ça a sauvé le vignoble des Côtes du Forez. Il restera ensuite Président de la cave pendant 30 ans avant que mon père ne prenne le relais.

Vous pensez bien qu’avec un tel bagage, je suis « tombé dans la vigne » tout petit… Avec mes frères, les mercredis après-midi, on participait aux petits travaux et nous étions fiers de contribuer à l’activité familiale. Par exemple, en 1995, mon père a installé une loge (petite cabane de vignes) sur l’exploitation : c’est moi qui ai peint les lasures ! J’avais 7 ans. »


Quelles sont tes années marquantes chez Agamy ?

2003
« Je participe à mes premières vendanges : jusqu’à présent, elles avaient lieu plutôt fin septembre en Forez. Cette année-là, avec la canicule, les raisins sont mûrs mi-août ! Les cours n’ont pas encore repris pour moi et je découvre alors l’effervescence de la récolte. »

2011
« Cela peut être surprenant, mais je ne me dirige pas immédiatement à la culture de la vigne. Je travaille quelques années en tant qu’ingénieur après mes études dans ce secteur. J’avais toujours dans un coin de ma tête les vignes de la famille, je savais que j’y reviendrai.
En 2011, mon frère qui travaillait sur l’exploitation, déménage, et mon père souhaite prendre sa retraite. Il ne m’en fallait pas plus : après un bac pro viti-oeno et un stage chez un viticulteur en BIO près de Grenoble, je suis prêt à prolonger l’histoire viticole de la famille Chèze. »

2016
« Ca y est ! Je reprends l’exploitation avec mes frères. L’un est œnologue en Savoie, l’autre est ingénieur dans l’énergie solaire. Nous créons une société dont nous sommes tous les trois actionnaires, ce qui permet à chacun de garder ses activités, et de pouvoir garder les vignes.
La cave de Trelins fait partie d’Agamy, union de 4 caves du Rhône et de la Loire. J’ai souhaité dès le début de mon activité être au cœur des décisions, aussi je rentre rapidement au conseil d’administration d’Agamy. »

2019
« Voilà quelques temps qu’André, le Président de la section Trelins, souhaite passer la main. Je me positionne pour prendre la relève, et la passation de pouvoir a lieu en janvier.
Je consacre à présent 30% de mon temps à la gestion de la cave, à des représentations, ou à des réunions stratégiques. Il est important pour moi de continuer à faire entendre la voix de nos vignerons : après tout, mon grand-père s’est battu pour cela.

Aujourd’hui, j’ai 11 hectares de vignes, soit 3 de plus que mon père, dont du Chardonnay.

Dans le futur, je souhaiter continuer à travailler l’image de nos vins : on commence à percevoir les prémices d’un changement de regard sur les Côtes du Forez, mais c’est un travail de longue haleine pour les faire connaître. Ça passe par l’image de la cave et de nos vins, le travail sur les cuvées, la modernisation des outils. J’imagine qu’on pourrait planter de nouveaux cépages, plus résistants aux maladies, réfléchir à une diversification… Bref, il y a encore du boulot !
Mais je ne suis pas tout seul : mon fils, Milo, développera peut-être la même passion que moi. Mais il n’a que 8 mois, alors pour ses premières vendanges, il faudra patienter un peu… Allez, en septembre 2020, il devrait pouvoir picorer quelques grappes ! » :-)

 

Loïc, son père et son grand-père : 3 générations au service de la défense de l’appellation !

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